• Emilie Olive

Je suis une femme.

Acte II : Au Mandapa.


Je suis une femme. Ceci n'est pas une revendication, ni un acte féministe. Une constatation simplement. Je suis née ainsi. Je refuse d'endosser les maux que l'on veut m'inculquer depuis ma naissance: faible, impuissante, incapable, mère avant même de le pouvoir, de le vouloir, souriante, belle quoi qu'il arrive, sensible, fragile, perfide, manipulatrice, folle, hystérique, sorcière, infidèle, mignonne, enfant, cuisinière, poissonnière, bonne à baiser, parfaite à claquer, sublime quand elle ferme sa gueule, boniche, ingérable, émotionnellement instable, inutile à la société, grosse, maigre, sexy, pute, enragée. C'est beaucoup trop de mots pour me décrire. En réalité, aussi surprenant et choquant que cela puisse paraitre, je ne suis qu'un être humain. Comme vous, je nais, je vis, et je meurs. Je marche sur le fil de mon existence, essayant d'atteindre mes objectifs, tout simplement. Pour prôner une telle liste insensée, il faut avoir connu l'ennui, un ennui tel que l'autre devient le seul et unique centre d'intérêt. Mais moi, je n'ai pas assez de ma propre vie pour satisfaire toutes mes envies. Je n'ai pas le temps de vous croire, pas le temps d'imaginer, pas le temps d'écouter, de vous rassurer, ou de vous prouver ce que je ne suis pas. Si vous avez ce temps, entre votre naissance et votre mort, je vous laisse inventer mon histoire, ma personnalité, mon passé, mon présent, et mon futur. Et si les portes se ferment devant moi parce que je suis née femme, alors je les enfoncerai. Pouvoir jouir de tous les droits humains est mon seul désir, car c'est ce que je suis. Il ne s'agit pas de surpasser ou d'écraser, mais simplement d'exister dans ce monde.


©Photo et texte par Emilie Olive

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